Interview François Matton


Dessinateur subtil au trait sublime de justesse, à l'intelligence et à la sensualité aiguisées, François Matton publie Autant la mer. Conçu d'après le journal de bord de son frère désireux de s'embarquer, cet ouvrage poétique, drôle et grave est avant tout un carnet de voyage intérieur.
Entre deux dessins, François Matton répond à l'interview Babyloner. Tout en épure.
Tous les dessins sont tirés du blog de l'artiste http://francois-matton.over-blog.com





Votre nom
François Matton

Votre devise
"J'ai tout mon temps."

Votre pseudo
Je n'en ai pas.

Vos goûts en art
Un peu allumés en surface, classiques en profondeur.

Votre fête idéale
Une fête où tout le monde aurait pris exactement la même drogue.





Votre soirée idéale
Celle que je vis tous les soirs en lisant dans mon lit.

Vos goûts en cuisine
Sobres. Salades, riz complet, poissons.

Vos sites et blogs préférés
Les idées heureuses de Didier da Silva, mais il vient de fermer.
Hublots, de Philippe Annocques.
Pour le reste il faudrait se rendre sur la page "liens" de mon propre blog.
Elle est assez longue.





Le livre que vous lisez en ce moment
Codicille, de Gérard Genette (je suis déçu : Bardadrac était bien mieux).

Le plat que vous préférez en ce moment
Un plat mythique que vous aimeriez goûter
(Vous faites une fixation sur la nourriture, non ?)

La musique que vous écoutez en ce moment
Je n'en écoute pas. Mais dernièrement c'était Bach, sans surprise.

Inventez votre propre question et répondez-y
Ça va ?
Très bien, merci.





Citez 3 de vos adresses fétiches dans le monde
Je n'ai pas d'adresses fétiches.

Le magazine que vous feuilletez en ce moment
Aucun.

La première chose que vous faites en vous réveillant
Je bois deux verres d'eau et je mange un demi citron.

Parmi toutes vos références, laquelle est la plus ancienne
Les peintures pariétales de Lascaux.

La dernière chose que vous faites avant de vous endormir
Je lis ou je regarde des images.





Avez-vous eu des modèles personnels (stars, profs, famille, amis…)
Non.

Vos dernières découvertes artistiques
Comme rien ne me vient immédiatement à l'esprit je suppose
que je n'ai pas fait de récentes découvertes artistiques majeures
ou que je suis déprimé.
(Ah si ! > Les magnifiques photos que vous montrez sur votre site Babyloner.
C'est exactement tout ce que j'aime : vraie élégance, sens du détail, amour des objets,
des matières, des lumières, absence de bavardage, sensualité évidente,
forte impression de présence (au sens spirituel et poétique du terme),
invitation discrète à la réconciliation avec la totalité du monde (sans hiérarchie).)





Ce que vous rêveriez de faire et que vous ne ferez jamais
Je ne rêve jamais de faire quoi que ce soit (de réalisable ou pas).
Je fais certaines choses ou je ne les fais pas, c'est tout.

Comment travaillez-vous ?
Je n'ai aucun rituel, aucune saison, aucun mois, aucun jour, aucune heure préféré(es).
Je peux travailler tout le temps pour peu que je sois tranquille, sans agitation
et sans bruit autour de moi.






Collection automne-hiver










































Le ruban blanc



Un film en noir et blanc vraiment très beau formellement et esthétiquement mais que je n'ai pas aimé du tout. Je n'y ai rien vu de plus qu'un catalogue, à terme un peu vide (voire retirant toute substance au film, pourtant prometteur d'un terrifiant suspens) d'humiliations, de violences révélant les rapports entre êtres dominés et êtres dominants, de sévices (non montrés), d'actes très autoritaires dans une société hypocrite, puritaine, rigoriste et encore féodale. La présence des enfants (tous acteurs excellents), trop polis et aux visages figés est vaguement inquiétante et mystérieuse mais je n'ai ressenti, en réalité, aucun questionnement, aucune émotion, aucune angoisse face à leur flétrissure ou à leur calvaire. Je ne saisis donc pas bien où Haneke  veut en venir. Le film se termine par une fuite (et de certains personnages et de l'auteur du film lui-même, dirait-on, qui ne nous livre aucune réelle clé des origines et conséquences de la violence qu'il sonde), à la veille de la grande boucherie de 14-18.

Je me souviens pendant "la pianiste" avoir pouffé de rire tant je trouvais le film ridicule et comique (à ses dépens). A croire qu'Haneke n'est pas un cinéaste répondant à mon goût.

A propos du Ruban blanc, certains critiques ont convoqué les portraits de paysans ou de bourgeois allemands du photographe August Sander (ce qui n'est pas faux), ainsi que les cinéastes Dreyer et Bergman en soutenant même que ce film dépasse en violence certaines scènes chez Bergman. Je pense que ces gens-là n'ont pas vu un Dreyer ou un Bergman depuis longtemps et devraient se replonger dans leurs oeuvres ... Quelque chose m'échappe. 

Cécile