douceur



Fragiles. Les petits carrés de caramel artisanal à la double crème de la Gruyère sont de petits bijoux.

Rien à voir avec les caramels qui collent aux dents. Celui-là s'effrite tout doucement sur la langue, avec un délicieux goût très peu sucré. Disparu, il laisse en bouche une impression de légèreté. Et l'envie d'en déguster un autre.

Une vraie découverte.

Merci beaucoup Sooishi.




Véronique

ordinary people


Samedi dernier. Vers 22h. Je sors de chez moi direction Le Palanquin rue Princesse. Dans la nuit, je croise plusieurs petits groupes qui se baguenaudent. Trois jeunes filles blondes aux accents américains. Un couple âgé en Loden. Je prends la rue Coëtlogon, où Sagan a été tourné. Puis rue de Rennes. J'hésite à traverser ou à rester sur le même trottoir. Je traverse. Bien m'en prends. Deux femmes discutent, mains dans les poches de leurs manteaux. L'une d'elle, en blanc, disparaît de mon regard dès que je reconnais son amie. Dans une longue parka-doudoune noire Northface, Kristin Scott Thomas. Son beau visage découpé, ses yeux pâles comme une eau arctique, se tournent vers la vitrine éclairée du 60 de la rue : une boutique de gants. Des dizaines de gants de toutes les couleurs parfaitement disposés, doigts en l'air. Chics.


à croquer



La micromadeleine. On n'en fait qu'une bouchée, c'est le cas de le dire. Délicieuses et goûteuses, en version salée aujourd'hui et sucrée la semaine prochaine (quel suspens insoutenable...).

Alors on met son tablier, on relève les manches et on y va.

Pour 30 micromadeleines :
3 œufs, 150 g de farine, 1/2 sachet de levure, 10 cl d'huile de tournesol, 12, 5 cl de lait, 10 g de gruyère rapé, 200 g de Roquefort, 50 g de noix, 25 g de raisins secs, 3 cl de Porto

Emietter le Roquefort, concasser les noix et mouiller les raisins
Battre les œufs, la farine, la levure et sel poivre
Ajoutez l'huile, le lait et le Porto
Incorporer les fromages et les raisins égouttés
Mouler (moule à micromadeleines en silicone) et cuire 18 mn dans un four préchauffé à 180 °


Avec un champagne à l'apéritif, comme dimanche dernier.

Alexandra

cinéma




Le Che, 2ème partie : « Guerilla »
Un film de Steven Soderbergh

Cette deuxième partie du film de Steven Soderbergh, Guerilla, est l’antithèse de la marche victorieuse sur La Havane, elle s’apparente au film « Titanic » : on connaît la fin avant de voir le film, et pourtant le fait de voir ce bateau qui n’en finit pas de couler nous a tenus en haleine. Il en est de même pour le Che en Bolivie.

Le révolutionnaire va tout quitter, le devant de la scène et les responsabilités, mais aussi la femme qu’il a connue dans la guérilla cubaine et avec qu’il a eu quatre enfants. Dans une lettre à Fidel, le Che indique renoncer à sa citoyenneté cubaine ainsi qu’à toutes ses responsabilités et par conséquent à tous les honneurs et à toutes les facilités d’existence. Il va poursuivre la lutte que Fidel ne peut plus mener en raison de ses responsabilités. En réalité la « disparition » du Che avait été organisée depuis plusieurs mois. Sous couvert d’un pseudo voyage en URSS, le Che et ses futurs compagnons s’entraînaient à Cuba avec l’objectif de créer, à partir de la Bolivie, de multiples foyers de guérilla dans toute l’Amérique du Sud.



Le 7 novembre 1966, voilà donc le Che, méconnaissable en raison de son maquillage, qui atterrit à La Paz et entre en Bolivie sous couvert d’une mission pour l’Organisation des Etats Américains. Puis il gagne la zone qui a été choisie pour initier la guérilla révolutionnaire. Mais tout, dès le départ, préfigure déjà l’échec définitif que l’on connaît. Tout semble improvisé, ou selon un autre point du vue, rien n’a été organisé « comme prévu ». Il n’est pas sûr que les guerilleros annoncés soient bien au rendez vous, ils finiront cependant par arriver ; les soutiens politiques censés être acquis se dérobent. Mario Menje, le secrétaire général du Parti Communiste Bolivien qui a pourtant participé à l’entrainement des guerilleros à Cuba, et qui était censé rejoindre la guérilla, conteste l’opportunité de la démarche du Che ; il annonce, non seulement qu’il ne soutiendra pas la guérilla, mais qu’il supprimera les aides économiques aux familles des membres du parti qui la rejoindront. L’organisation de la guérilla est laborieuse à se mettre en place, les relations entre les « Cubains » et les guerilleros recrutés sur place sont souvent conflictuelles. La population paysanne n’est pas enthousiaste, elle hésite à vendre à la guérilla, même à des prix intéressants, les produits agricoles dont celle-ci a besoin.



Les premières escarmouches avec l’armée bolivienne semblent ne s’inscrire dans aucune stratégie d’ensemble. Et puis, de multiples petites (et grandes ?) trahisons font que l’armée, aidée ouvertement par les Etats-Unis, est au courant, presqu’en temps réel, des mouvements des guerilleros. Ceux-ci sont harcelés, bombardés et désorganisés ; ils finissent par ne plus avoir assez de nourriture, ils sont sales et ils donnent l’impression de ne plus comprendre pourquoi ils sont là. Le Che apparaît un peu comme l’orchestre sur le pont du Titanic, qui continue à jouer alors que le navire coule inexorablement, il soigne les blessés en plein combat et continue à exprimer sa foi révolutionnaire alors que tout s’écroule.
Certaines scènes du film sont pathétiques et dignes d’un western de John Ford. Celle, en particulier, des guerilleros arrivant dans un village où tout est « trop calme », ou bien celle dans laquelle des dizaines de soldats descendent dans le ravin Yuro où le Che et ses hommes se trouvent piégés dans un combat qui n’a d’autre issue que la mort ; et cela, se passe le 8 octobre 1967, onze mois après l’atterrissage à La Paz !



Cette deuxième partie du film de Steven Soderbergh, c’est encore du bon cinéma, avec d’excellents acteurs, et Benicio del Toro est toujours aussi convaincant, mais les militants pourront regretter que l’échec du Che en Bolivie soit traité aussi superficiellement. Pourquoi l’escapade africaine n’est-elle pas évoquée, alors qu’elle préfigure le désastre bolivien ? Pourquoi la zone choisie pour initier la guérilla est-elle une forêt tropicale, peu peuplée, du département de Santa Cruz, alors que la grande majorité de la population indienne, pour partie ouvrière dans les mines de Oruro ou de Potosi, vit sur l’Altiplano encore plus misérablement ? Pourquoi, le gouvernement bolivien, conseillé par les Etats-Unis, et le PC bolivien, « conseillé » par l’URSS, ont-ils eu la même volonté de « cacher » la présence du Che en Bolivie, alors qu’en 2005, notre guide bolivienne dans la région du lac Titicaca, qui avait 16 ans à l’époque et était militante du PC bolivien, nous a affirmé que les militants attendaient de savoir où était le Che pour aller le rejoindre ? Pourquoi les désaccords du Che avec Fidel ne sont-ils que suggérés, en deux occasions et subrepticement, par le truchement de petites phrases lapidaires de Fidel ? La première, avant de lire publiquement la lettre du Che lui annonçant un départ qu’il avait en réalité lui-même contribué à organiser, Fidel dira seulement : « Cette lettre se passe de commentaire ! ». La deuxième, lorsque en réponse à une question de Régis Debray sur les raisons de la présence du Che en Bolivie il répondra : « Je crois qu’il voulait se rapprocher de l’Argentine ! ». Alors que Benigno, dans son livre « Vie et mort de la révolution cubaine », ira jusqu’à affirmer que l’expédition bolivienne n’avait été qu’un prétexte pour se séparer d’un companero encombrant, pour Fidel lui-même et pour la mise en œuvre d’une politique plus conforme à celle voulue par l’URSS. Or, Benigno, qui n’a qu’un rôle effacé dans le film de Steven Soderbergh, est un Cubain de haut rang dans la hiérarchie révolutionnaire qui a été de toutes les actions avec le Che, depuis la Sierra Maestra jusque dans la forêt bolivienne, mais qui, avec six autres guerilleros, survivra au désastre. Rentré à Cuba en 1968, Benigno aura encore un long parcours au service d’une cause à laquelle, progressivement, il cessera de croire et qui le conduira à rompre avec Fidel en 1996 et à choisir l’exil.

Le Che restera donc, pour beaucoup, comme le dernier héros romantique qui est allé jusqu’au bout de ses idées, et c’est sans doute cette image-là que Steven Soderbergh a voulu donner de lui dans son film. Mais il reste le goût amer du héros, sans doute sacrifié mais bien pratique, que Fidel a utilisé pour faire passer auprès du peuple cubain une politique alignée sur celle de l’URSS.

Le « 26 de Julio » 1971 sur la « Plaza de la Revolucion », j’ai assisté au discours de Fidel qui marquait la fin officielle de la période romantique cubaine. D’une voix vibrante d’émotion Fidel a fait l’éloge du Che et a annoncé que « sa main » serait déposée sous le buste de Jose Marti qui était juste derrière lui. Dans la foule galvanisée, beaucoup pleuraient à l’évocation du Che. Quant à nous, ce discours signifiait notre dernier séjour à Cuba, l’année suivante ce seraient des Soviétiques qui nous succéderaient à l’Hôtel Nacional !

Alain

interview Margaux Motin - part 1 & 2

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Lien
Margaux Motin, la reine des illustres. Pour les néophytes, une "illustre", c'est une illustration. Et illustratrice, c'est un métier. Via son agent Virginie, Margaux Motin travaille donc pour des pubs, des magazines ou des bouquins :


Alors pourquoi diable la reine des illustres ? Il suffit de lire son blog. Un en mot, généreux. Généreux parce que Margaux Motin se donne à fond. Chaque dessin posté est vraiment travaillé, tant sur le sujet que sur le style. Les petits mots accompagnant les dessins débordent d'amour et d'énergie. Les réponses aux commentaires souvent personnalisées. Ce blog est une plateforme d'amour qui transforme votre écran en caresse : vous riez, vous souriez, vous admirez le traitement, les trouvailles, vous vous connectez à une petite famille. Mais attention ! Amour, d'accord, mais gnangnan, jamais. Car l'artiste n'a de girly que le titre rose de son blog. Bien sûr, elle a son côté sex&thecity...



... mais son cas est bien plus terrible. On peut parler de Dr Margaux et Miss Motin : à première vue, des dessins léchés, au trait élégant, parfois classique, bien éduqué, qui pourrait s'adapter à merveille à des sujets policés et mignons tout plein.

Et là, c'est le secret de Margaux : le contraste entre son style de grande classe et le sujet traité. L'effet est détonnant. On pourrait parler de trash-chic. L'exemple parfait ? Sa soirée de Noël.




Ce qui est passionnant avec le blog, c'est de partir dans les archives, de remonter le temps. Un peu l'impression de mettre le nez dans des cartons à dessins. On tombe sur des esquisses, des crayonnés, comme ce Let's be imperfect :



Et surtout, en fouillant dans les premiers posts, on voit la façon dont Margaux s'est peu à peu "lâchée"et donc la façon dont le dessin s'est depuis affiné et affirmé. Exemple, avec sa fille Poupette :

Débuts du blog >

Quelques mois plus tard...







Du mauvais esprit, de l'amour, du langage de charretier, de la délicatesse, de l'inventivité, de l'énergie, des registres très variés, de l'astuce, de l'espièglerie, du rap et du risotto, c'est le monde de Margaux Motin. Elle a répondu à l'interview babyloner, un matin à 8h. Respect, et merci.


Votre nom

Margaux Motin

Votre devise
« Life’s a bitch and then you die, that’s why we get high, cause you never know, when you’re gonna go ». Dixit Nas http://www.deezer.com/track/1039201 ce qui équivaut à un gros Carpe Diem de racaille. Mais j’ai toujours été nulle en latin.

Votre pseudo
Margaux Motin. C’était ça ou Angelina Jolie mais y’a une pouffiasse qui l’a déjà pris.

Votre fête idéale
Un énorme Sound System avec du gros rap, sous le soleil, sur une plage, tout plein de gens configurés paix et amour dans leur tête, des fontaines d’alcool qui te met cuitée sans te donner mal à la tête ou envie de vomir, et tout le monde est beau sous les rayons du soleil couchant, ça sent la vanille, on fait des blagues pourraves, on rigole beaucoup, on danse tous comme des Dieux (bien sûr dans ma fête idéale je sais faire des loopings avec mes hanches comme Beyoncé) et y’a des beaux garçons qui servent des petits fours en slip de bain. Ou sinon la soirée « Bois de Boulogne » du mois d’aout chez moi en normandie où t’as le droit de t’habiller en pute et que tout le monde trouve ça trop cool même ton père qui te prend en photo avec ton short ras la moulasse et tes Durex en boucles d’oreilles.

Votre soirée idéale
Une bonne bavette saignante, du bon vin rouge, et des gens que j’aime.

Vos goûts en mode
Le jogging Fila et les Air max. Si t’as la doudoune Lady Soul moi je dis t’es au top. Rho ça va je déconne. Tout ce qui contribue à me donner une allure vertigineuse et incontestablement sensationnelle.



Vos goûts en cuisine
Trop plein de trucs de ouf. La blanquette de ma môman, les risottos quand ils sont très bien faits, tout ce qui se cuisine avec du curry et/ou de la coriandre et/ou du lait de coco, le poisson cru, surtout le thon rouge et la dorade, les frites, l’osso buco, la brandade de morue, et puis je peux pas reflechir à plus parce que là il est 08h00 du mat je crois bien que je vais vomir mes chocapics.

Votre boisson préférée
L’eau.

Votre position préférée
Vautrée.



Vos sites et blogs préférés
Y’en a plein. Y’a qu’a voir les liens sur mon blog. Donc je ne citerai que mes deux préférés, les deux incontournables que je regarde chaque jour http://www.mae-bd.fr , http://ana-a.fr ce qui est une selection très très objective et pas du tout basée sur le fait que les auteurs sont mes ami(e)s.





Fin de la première partie


Entracte
















Fin de l'entracte

Deuxième partie de l'interview de Margaux Motin, reine des illustres




Le plat que vous aimez préparer
N’importe quoi qui prend moins de 3 minutes au micro-onde. Je saurais cuisiner si j’aimais pas autant boire mais je foire tous mes diners parce que je suis toujours trop occupée a prendre l’apéro. Ma devise de chef c’est « viens diner chez moi, tu mangeras trop cuit et à minuit ».




Votre tenue préférée du moment
Ma culotte de règle. J’y peux rien si ce questionnaire tombe pile pendant mes ragnouttes. Là maintenant, ma tenue préférée c’est ma culotte de règle, petit bateau, délavée, détendue, décousue mais au demeurant diablement confortable avec une serviette hygiénique.

Le livre que vous lisez en ce moment
...et depuis approximativement 6 mois « La vie en sourdine » de David Lodge. La dernière fois que j’ai eu le temps de l’ouvrir, on était en 2008.

Le magazine que vous feuilletez en ce moment
Le Elle évidement.


La plus belle ville que vous connaissez et la pire
Paris/Paris. J’aime Paris/je deteste Paris, je veux vieillir à Paris/je veux quitter Paris…

Citez 3 de vos adresses fétiches dans votre quartier
C’est pas possible mon quartier actuel il pue trop du cul



Citez 3 sources d’inspiration artistique ou autre, récentes ou pas
Kay Thompson et Hilary Knight pour Eloise, Claire Bretecher, tous les Walt Disney !

Avez-vous eu des modèles personnels (stars, profs, famille, amis…)
Pas des modèles, des mentors, des gens qui m’ont inspiré, qui m’ont aidé à déverouiller des portes, à avancer…Jean Christophe Chauzy, mon prof à Olivier de Serres, Catherine Nerson et Melusine Raynaud, les anciennes rédactrices en chef du magazine Muteen, ma môman…


Ce que vous rêveriez de faire (ou de porter, de dire ou de créer) et que vous ne ferez jamais

Danser nue pour de l’argent.

Comment travaillez-vous (de façon très disciplinée ou pas, avec quel matériel, quels rites, à quel endroit, quand dans la journée…)
Quand dans la journée ? La bonne blague ! Toute la journée ! De 8h30 à 18h00, et le soir, et le week end, de façon hyper pas disciplinée quoique de plus en plus organisée (spéciale kassedédi à mon coach qui m’a appris a OP-TI-MI-SER !) Mon rituel : la musique, le café, les clopes, le cheveux un peu grassou, le vieux jogging élimé. C’est le matin que je suis le plus productive, si je casse le rythme en prenant le temps de me laver, c’est mort, après j’ai envie d’aller m’acheter des chaussures ou de voir mes copines. Pour l’instant je travaille dans un coin bureau face au mur mais d’ici trois semaines, je travaillerais dans un coin bureau sous une verrière avec les branches d’un arbre qui me feront juste l’ombre necessaire pour pas etre aveuglée par le soleil, je pense que ça va vachement booster ma créativité ! Quant au matos, ma foi, papier crayon, scanner, ordi, photoshop, tablette graphique !





+ 4 questions bonus track

Pour l'album prévu en mai prochain, quelle est la part de reprises et la part de nouveautés ?

J’ai pas compté diantre ! Bien plus de reprises que d’inédits, faute de temps. Mais a force d’avoir le nez dessus, je ne sais même plus ce qu’il y a dans ce bouquin ! Si ça se trouve j’ai mis des photos de moi à poil et je m’en souviens pas (on appelle ça un putain de teasing non ?)

Pensez-vous parfois à la fin de votre blog ?

Ouais c’est ça, et est ce que je pense au jour où je vais mourir aussi ? Ou bien au jour où ma fille aura plus de nichons que moi ? Ou bien au jour où j’aurai les poils de minou blancs ??? Non. La fin du blog ça arrivera mais je n’y pense pas. Je pense a son évolution, je me questionne sur son avenir, mais jamais sur sa fin.

Vu les superbes tenues de votre blog, auriez-vous envie de créer un jour une marque de fringues ?

Ça va pas la tête, je préfère très largement porter les fringues que les inventer.



Vous dessinez et écrivez superbement (cf étude de style chez James Bort) : à quand une bande dessinée, avec héros & scénario ?

Ça viendra j’imagine. J’ai plein d’envies, plein de curiosités, plein d’appétits divers, mais je ne planifie rien, j’avance pas à pas, je vois rarement plus loin que le quart d’heure qui suit, je ne suis aucun plan. Donc advienne que pourra, on verra bien, je vais continuer à soulever les cailloux pour voir ce qui se cache dessous.





cinéma



Simple et géniale, l'idée de Fitzgerald pour sa nouvelle L'étrange histoire de Benjamin Button. Rajeunir en prenant de l'âge, ou l'inverse. Une idée qui donne à réfléchir, à rapprocher de Dorian Gray. Personnages bien dessinés, trame tendue vers une fin logique mais touchante. En plus, pas très longue à lire. En tout cas, moins longue à lire que le film de Fincher à regarder.

Le film dure en vrai dans les 2h40, mais en ressenti au moins 7h. Académisme lourdingue, images belles comme des pubs sur CNN, acteurs au mieux de leur image consensuelle. Voir ce film, c'est un peu assister à une méga séance de relaxation : des couleurs et des sons glissent sur l'écran, manque plus que le chant des baleines pour faire un bon voyage hors de son corps. Seuls les fans de Cate Blanchett peuvent se déplacer, elle y est belle.

Pour les inconditionnelles de Brad, attention, réveillez-vous au bon moment ! Pour ne pas rater le passage où il n'est pas grimé, ni nanifié, ni modifié, ni photoshopisé.

Manoëlle

Le Comptoir du relais


Dîner dehors un 30 janvier : on se caille ou pas ? Eh bien non. Les chaussettes, mitaines, bonnets, pulls et cols polaires seront restés dans le sac. Sur nos jambes, de bon gros plaids qui donnent cette impression d'un soir d'être des petits vieux avant l'âge.



A la nuit tombée, la terrasse du Comptoir du Relais est un vrai petit théâtre. Dans les cintres, au-dessus de nos têtes, de petits radiateurs efficaces et discrets. A gauche et au-dessus, la toile de la devanture cadre la vue et découpent une scène. A nos tables, 21 & 22, nous sommes au premier (et unique) rang. En décor d'arrière-plan, les lueurs du Café des Editeurs, de l'autre côté du carrefour de l'Odéon. Et au premier plan, les passants, très en verve dans ce quartier : les londoniennes en goguette, insensibles aux morsures du froid avec jupe au ras des fesses, groupuscules de jeunes dandys, familles de touristes attifées comme au ski, dignes couples en loden, étudiants en arts emplumés et emperlousés...

Mais l'action principale se déroule sur une autre scène : notre assiette.
Menu unique en 1 acte et 5 scènes.

Scène 1
Crème de citrouille et perles du Japon, Melba de crémeux truffé, gougères


La crème de citrouille est légère en texture, forte en goût. Les perles du Japon éclatent sur la langue comme des bulles de champagne. De petits éclats de châtaigne cachés dans la mini-soupière donnent une consistance bienvenue, tout comme la fine tranche truffée et les 2 gougères. Avec cette assiette, on fait sa dînette.

Scène 2
St Jacques de Bretagne en coquilles et purée d'artichaut


Cuites dans leur coquille, les Saint Jacques, goûteuses et charnues, se marient bien avec la fraîcheur de la purée d'artichaut posée sur elles. Un petit jus aux herbes et, semble-t-il, légèrement "viandé" les encanaille.

Scène 3
Tranche de gigot d'agneau de lait des Pyrénées, ail confit
Purée huile d'olive truffée, pied de mouton


La tranche est aussi épaisse que tendre. Une merveille de viande. Cuite exactement, jouissive à couper et à laisser fondre en bouche. Là encore, on est un peu actif, on participe humblement au plat, en pressant la petite gousse d'ail en chemise, en essayant les alliances entre la purée ferme et onctueuse, parfumée, l'agneau, le champignon et la sauce.

Scène 4
Fromages affinés par la maison Boursault


Pas de petits morceaux découpés chichement. En fait, le plateau s'invite à votre table et y reste tant que vous voulez. Vous pouvez entamer une bonne discussion avec le Salers, le Sainte Maure ou le brebis. Et leurs petites touches sucrées : confiture de cerises noires & pâtes de coing.

Scène 5
Pralinette chocolat de chez Valrhona
Glace châtaigne, datte fourrée



Une gamme de beiges, terre de Sienne, bruns : on pourrait hésiter entre les 3 petits desserts. On trouve en fait vite son préféré, tout en gardant une grande tendresse pour les dauphines. Pour moi, j'ai fini avec la datte fourrée puis une lichette de glace châtaigne.


*

Et comme un bouquet lancé sur la scène à la fin du spectacle, deux petits caramels mangue-fruits de la passion. Conservés dans la poche et goûtés le lendemain : peu sucrés et très fruités, un vrai trip tropical de quelques secondes.


Comptoir du Relais. 9, carrefour de l'Odéon, VIe. Tél. : 01 44 27 07 97
Carte midi : 25-30 €, menu dégustation au dîner 50 €
Réservation rock'n roll pour le soir : il faut appeler 1 an avant ou le jour même.

Obama


Elle semble déjà tellement loin, cette photo.

C'était pourtant le jour de l'investiture, le 20 janvier dernier.
A première vue, le bonheur d'un couple : un pas de danse, un grand sourire, un enlacement proche, intime. Mais derrière Michelle, les étoiles américaines. Et derrière Barack, inquiétant et coupé en deux, un garde du corps aux allures de Boris Karloff. Au premier plan, floue mais très dense, une haie de mains tendues, portables et appareils photos en action.
Voilà un couple pris entre les obligations du rôle présidentiel et la pression de l'opinion.
Un job ordinaire de président, quoi.

Gina