Ulli Lust exclusive interview


Ulli Lust, artiste berlinoise, auteur de l'éroticomythologique Air Pussy, interviewée sur Babyloner. Air Pussy met en scène le réveil de la déesse du printemps : pendant son bain, elle se découvre une faculté étonnante... Ode à l'amour, à la sexualité, ce petit livre constitue une ouverture vers l'univers cru et délicat d'Ulli Lust.



Your name
Ulli Lust
(Lust is the family name of my Mothers family,
Ulli a short form of Ulrike)
NB
Son nom, Lust, signifie en allemand comme en anglais "désir", notamment sexuel.

Your motto
If you don't materialize them, ideas are useless.

Your ideal party
Between the age of 15 and 35 I loved parties.
Now, with 42 the concept of partying lost attraction.

Your favorite meal
chirashi (a Japanese dish, a bowl of rize with sashimi on top)




Your favorite drink
latte macciato




Your favorite recipe
Mothers cakes (she's Austrian)

Your favorite clothes
colour: green
glamour trash
comfortable diva

Your favorite desserts
all kinds of desserts, as long as they are creamy

Your favorite position
lying in bed, smoking, reading, writing, dreaming up stories




Your favorite magazines
fashion & celebrity mags
(maybe because this are the only magazines,
which don't need crime & catastrophes to create their news.)

The book you’re reading
different books about history, mythologie, sience of evolution

The music you’re listening to
female voices




Tell us what or who inspires you
Straying through the city alone.
Passionate friends inspire me too.

Your favorite websites and blogs
http://www.electrocomics.com
http://www.sequentialtart.com
http://www.grandpapier.org




What you dream of but you’ll never do ?
stop smoking pot

Tell us your 3 loveliest places in the world
my bed
my head
the rest (of the world)

Your favorite fashion designer or fashion brand
alexander mc queen
konk (berlin)
parfums by japanese Designers

The loveliest city you’ve been to and the worst
Berlin
the worst: Munich



Your very last coups de cœur (book, film, band…)
serial: sopranos
swedish singer: Frida Hyvönen
book: Vulva by Mithu Sanyal

Tell us 3 fetish places (shops, restaurants…) in the world
"un regard moderne", a comic shop in paris
any old Viennese kaffeehaus
The little hashish farms in the Rif in Morocco

Tell us 3 fetish places (shops, restaurants…) near your home
Sasaya, the japanese restaurant in my street
The Mauerpark in Berlin with the fleamarket on sundays
Neurotitan, (Galerie & Shop for Comics, Musik, Art)
http://www.neurotitan.de/



How do you work ?
I have my rituals, which look like a schedule.
Without strict schedule you cannot do the work of a comic artist.
Too much to draw.




And 3 more questions just for you :


1/ I just read the very interesting "Air Pussy". The character is a godess. Is she a metaphor of feminity too ? Is she more like an eternal womanhood or an image of modern women ?

Airpussy is a female goddess, as every woman herself represents a goddess,
when she enjoys her sexual body.


2/ Do you know reading this album is very exciting , especially for a woman ?

I absolutely hope so!
I like the idea, that girls get the impulse to masturbate after reading it.
I wish them a lot of fun!




3/ If you could make a movie of "Air Pussy", what would be the casting ?

"Air Pussy" is the latest issue out of a series called "spring poem".
Actually there is a filmmaker doing a short film about one of the former books
(called "springclubbing").
He did a great casting for the male figures, very attractive and sexy men,
but not with the females. His goddess is the type:
elegant, thin, cool duchess with a big nose.
My goddess representing the awakening spring has to look sweet, young and lively.
She should carry a little fat on her bones.







http://www.ullilust.de

Air Pussy, 9,5 € en version papier
et à votre bon cœur (gratuit) sur un site créé par Ulli Lust
http://electrocomics.com/english/airpussy_engl.htm

Projection de presse : Amorosa Soledad


Un film fragile. Fragile comme son héroïne. L'héroïne est entre les rires et les larmes, le film joue les funambules entre comédie et drame. Elle se raccroche à la médecine, il se sécurise avec une écriture très maîtrisée. Elle est très mince, très jolie, drôle. Il est assez mince lui aussi, avec une intrigue ténue et un format court (1H16), il est joli et drôle, d'un humour ambigu. Les deux, l'héroïne et le film, touchent par cette fragilité même. Un premier film doux, subtil et humble. L'histoire ? Comment une jeune femme vit avec la solitude, c'est-à-dire avec elle-même.

L'actrice, précise et belle Ines Efron, de toutes les scènes, a visiblement toute la confiance de la réalisatrice, qui la filme en plans-séquences. Confiance méritée : elle donne à son personnage une étrangeté presque inquiétante. Censée être une fille venant de se faire larguer, elle se situe aux antipodes des clichés. Amorosa Soledad (= à peu près "chère solitude"), âme artiste et bohème, est l'anti-Bridget Jones.




Sage, hyponcondriaque, anxieuse et un peu illuminée, elle promène sa gracieuse et longiligne silhouette chez elle, dans sa boutique, dans les rues, décalée de la réalité. Elle pourrait presque être une lointaine cousine argentine de M. Hulot : pas de place pour elle dans le monde. Son ancien petit ami pense à son disque, sa mère à ses seins, son père à sa maison, ses associés à leur boutique, ses voisines à leurs sorties...

Auprès de tous elle cherche amour ou affection, mais en vain. Impossible même de garder un chien. L'incommunicabilité, l'impossibilité de connaître les êtres les plus proches, rythment l'histoire, à coups d'appels manqués, de portes fermées, de dialogues de sourds.




Le sens du détail, l'inventivité. Des chaussons moussus au nom de la boutique, tout le film est saturé de choses qui font sens. Comme par exemple les toilettes, bouchées, décorées, puis débouchées par le nouvel amoureux. Tout est à décoder. Un peu trop. A certains moments on aurait aimé une réalisation plus lâchée, moins cérébrale, à l'image de la séquence de la pizza, juste et cruelle. D'autant plus que la photo, avec ses flous, ses belles lumières, sa mise en valeur des textures, baigne le film d'une charmante sensualité.



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