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KGB - Kitchen Galerie Bis

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KGB - Kitchen Galerie Bis

25, rue des Grands-Augustins
75006 Paris
01 46 33 00 85

Zors-d'œuvres 16 € les 4, 22 € les 6
Plats de 15 à 29 €
Desserts 8 €

Toyo

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Toyo

17, rue Jules-Chaplain (Paris VIe)

Tél. : 01 43 54 28 03

Tlj. sf. dim. et lun.

Menus

35 et 45 € (déjeuner)

55 et 75 € (dîner)

ordinary people


Le conducteur de la Jaguar noire et rutilante donne ses clefs au chasseur de la Grande Epicerie. Il prend son temps, totalement coupé du reste du monde, c'est-à-dire en l'occurrence de l'effervescente rue de Sèvres en pleine après-midi. Il bloque la circulation. Derrière lui, un homme, massif sur sa petite monture (un scooter), tempête et le traite de connard. Sous le casque à la visière relevée, le regard courroucé de Depardieu : un coup de guidon et il file, rageur, vers son chantier de la rue du Cherche-midi.

ordinary people


Samedi dernier. Vers 22h. Je sors de chez moi direction Le Palanquin rue Princesse. Dans la nuit, je croise plusieurs petits groupes qui se baguenaudent. Trois jeunes filles blondes aux accents américains. Un couple âgé en Loden. Je prends la rue Coëtlogon, où Sagan a été tourné. Puis rue de Rennes. J'hésite à traverser ou à rester sur le même trottoir. Je traverse. Bien m'en prends. Deux femmes discutent, mains dans les poches de leurs manteaux. L'une d'elle, en blanc, disparaît de mon regard dès que je reconnais son amie. Dans une longue parka-doudoune noire Northface, Kristin Scott Thomas. Son beau visage découpé, ses yeux pâles comme une eau arctique, se tournent vers la vitrine éclairée du 60 de la rue : une boutique de gants. Des dizaines de gants de toutes les couleurs parfaitement disposés, doigts en l'air. Chics.


Le Comptoir du relais


Dîner dehors un 30 janvier : on se caille ou pas ? Eh bien non. Les chaussettes, mitaines, bonnets, pulls et cols polaires seront restés dans le sac. Sur nos jambes, de bon gros plaids qui donnent cette impression d'un soir d'être des petits vieux avant l'âge.



A la nuit tombée, la terrasse du Comptoir du Relais est un vrai petit théâtre. Dans les cintres, au-dessus de nos têtes, de petits radiateurs efficaces et discrets. A gauche et au-dessus, la toile de la devanture cadre la vue et découpent une scène. A nos tables, 21 & 22, nous sommes au premier (et unique) rang. En décor d'arrière-plan, les lueurs du Café des Editeurs, de l'autre côté du carrefour de l'Odéon. Et au premier plan, les passants, très en verve dans ce quartier : les londoniennes en goguette, insensibles aux morsures du froid avec jupe au ras des fesses, groupuscules de jeunes dandys, familles de touristes attifées comme au ski, dignes couples en loden, étudiants en arts emplumés et emperlousés...

Mais l'action principale se déroule sur une autre scène : notre assiette.
Menu unique en 1 acte et 5 scènes.

Scène 1
Crème de citrouille et perles du Japon, Melba de crémeux truffé, gougères


La crème de citrouille est légère en texture, forte en goût. Les perles du Japon éclatent sur la langue comme des bulles de champagne. De petits éclats de châtaigne cachés dans la mini-soupière donnent une consistance bienvenue, tout comme la fine tranche truffée et les 2 gougères. Avec cette assiette, on fait sa dînette.

Scène 2
St Jacques de Bretagne en coquilles et purée d'artichaut


Cuites dans leur coquille, les Saint Jacques, goûteuses et charnues, se marient bien avec la fraîcheur de la purée d'artichaut posée sur elles. Un petit jus aux herbes et, semble-t-il, légèrement "viandé" les encanaille.

Scène 3
Tranche de gigot d'agneau de lait des Pyrénées, ail confit
Purée huile d'olive truffée, pied de mouton


La tranche est aussi épaisse que tendre. Une merveille de viande. Cuite exactement, jouissive à couper et à laisser fondre en bouche. Là encore, on est un peu actif, on participe humblement au plat, en pressant la petite gousse d'ail en chemise, en essayant les alliances entre la purée ferme et onctueuse, parfumée, l'agneau, le champignon et la sauce.

Scène 4
Fromages affinés par la maison Boursault


Pas de petits morceaux découpés chichement. En fait, le plateau s'invite à votre table et y reste tant que vous voulez. Vous pouvez entamer une bonne discussion avec le Salers, le Sainte Maure ou le brebis. Et leurs petites touches sucrées : confiture de cerises noires & pâtes de coing.

Scène 5
Pralinette chocolat de chez Valrhona
Glace châtaigne, datte fourrée



Une gamme de beiges, terre de Sienne, bruns : on pourrait hésiter entre les 3 petits desserts. On trouve en fait vite son préféré, tout en gardant une grande tendresse pour les dauphines. Pour moi, j'ai fini avec la datte fourrée puis une lichette de glace châtaigne.


*

Et comme un bouquet lancé sur la scène à la fin du spectacle, deux petits caramels mangue-fruits de la passion. Conservés dans la poche et goûtés le lendemain : peu sucrés et très fruités, un vrai trip tropical de quelques secondes.


Comptoir du Relais. 9, carrefour de l'Odéon, VIe. Tél. : 01 44 27 07 97
Carte midi : 25-30 €, menu dégustation au dîner 50 €
Réservation rock'n roll pour le soir : il faut appeler 1 an avant ou le jour même.

restaurant


Merci Dürer. Il fallait bien le plus beau lièvre du monde pour illustrer un billet sur le lièvre à la royale. Le plat parfait en hiver, le plat qui semble avoir traversé les âges, le plat qu'on imagine présenté à Louis XI après des chasses d'automne glaciales et brumeuses. Le lièvre ? Désossé, farci de foie gras, mijoté pendant des heures, pressé, mis en coulis, présenté en une belle tranche épaisse nappée de sa sauce liée au sang et au chocolat amer. On est loin du sushi, mais tout près du paradis.
Parfois à la carte du bourgeoisement chaleureux
L'Epigramme, 9 rue de l'Eperon, Paris 6 - 01 44 41 00 09.